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Vehuel ||
Daniel ||
Hahasiah ||
Imamiah ||
Nanaël ||
Nithaël ||
Mebaiah ||
Poiël
La tradition hermétique chrétienne, attribue à cette hiérarchie la fonction principale d'éveiller et de stimuler en chacun la capacité d'aimer. Elle diffère toutefois de l'influence spécifique des Chérubins sur la conscience humaine, dans la mesure où il s'agit ici d'un amour dont le caractère incarné est nettement plus évident. Et l'intervention des principautés revêt une importance d'autant plus grande, que l'amour entre deux personnes est un état difficile à atteindre. En effet, la relation amoureuse accomplie sous les auspices des principautés implique trois dimensions essentielles à savoir, le respect, la confiance et l'engagement mutuel.
Le RESPECT est la première dimension ontologique à l 'acte d'aimer. L'amour, en effet, ne peut s'exprimer qu'envers un être pour lequel on ressent un respect réel. L'amour authentique implique donc de respecter l'autre dans sa différence, sans exiger de lui une quelconque transformation. De même, il n'exclut aucun aspect de la personne, faisant ainsi de l'amour un acte intégral et inconditionnel. Il apparaît donc que ceci implique de l'être aimant un détachement de lui-même, de ses préjugés et de ses a priori. Il ne faut toutefois pas confondre le respect de l'autre avec la négation de soi-même. En effet, si le respect de la différence d'autrui est fondamental, le maintien de sa propre spécificité est tout aussi important. Certaines personnes, désirant cultiver à l'extrême le respect envers autrui, ne se respectent plus eux-mêmes, niant leur propre caractère. Ils oublient ainsi une exigence première que l'on peut formuler en ces termes : «respectez votre prochain comme vous-même».
La CONFIANCE, seconde dimension ontologique à l'acte d'aimer, est également une dimension essentielle de l'amour. L'amour du prochain ne peut se concevoir en effet, sans l'établissement d'une parfaite confiance en l'autre. Cette confiance, sans limite, doit même survivre à un abus de confiance de la part de l'être aimé ou à toute présomption allant en ce sens. Aussi, il ne faut pas ici confondre la confiance avec la certitude : il s'agit d'une confusion fréquente. Si l'on devait attendre une certitude dans l'amour, il n'y aurait jamais d'amour. Comment pourrions-nous acquérir une certitude par rapport à soi ou par rapport aux autres, alors que la liberté d'autrui tout comme notre libre arbitre s'y opposent tout naturellement?
L'ENGAGEMENT MUTUEL en une oeuvre commune est la troisième dimension ontologique à l'acte d'aimer. L'amour ne peut s'envisager sans un engagement commun. La constitution d'un couple est en effet rendue possible en raison de l'existance d'un projet : fonder un foyer, avoir un enfant, défendre une cause... Ce projet implique alors de la part de chacun un anéantissement du moi singulier en vue de créer une nouvelle unité, nous devrions dire en vue de recréer l'unité.
Ces trois conditions étant réunies, l'amour devient alors authentique. Nous sommes dès lors en présence d'une relation surnaturelle où toutes les règles habituelles sont transcendées. Dans ce rapport amoureux, les relations sexuelles, dont l'objet n'est plus la perpétuation de l'espèce (dimension naturelle de l'acte), mais le perfectionnement mutuel des époux (dimension spirituelle de l'acte), sont dès lors empreintes d'un érotisme sacré, celui-là même qui, générant une profonde ouverture au monde, conduit l'être humain à l'expérience de la plénitude sacrée.
Si les principautés favorisent l'éveil de l'amour en l'être humain, elles le sensibilisent aussi à la beauté. Il ne s'agit pas ici d'une beauté éphémère établie selon les critères illusoires d'une mode, mais d'une beauté intérieure, authentique, émanée de l'amour lui-même. L'amour et la beauté sont en effet deux réalités intrinsèquement liées. Celui qui aime est nécessairement beau aux yeux de celui qui sait s'y rendre sensible. C'est en ce sens d'ailleurs que celui qui chemine sur le sentier de la rédemption se doit de rechercher la beauté, l'esthétisme et l'harmonie en toute chose. Savoir rechercher et apprécier la beauté d'un être ou d'une chose, c'est reconnaître en lui une transcendance et ainsi véritablement libérer cet être ou cette chose de son état terrestre.
* Tiré du livre : PAYEUR, Charles-Rafaël. Les Guides de Lumière -
les messagers de l'invisible, tome I, éditions de l'Aigle, Québec, 1992, p. 109-113
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